Valider ses acquis à l'Université

Fanny BELLON témoigne sur son expérience, de la première information jusqu'à l'obtention du diplôme par VAE.

  1. Le projet et le choix de la VAE
  2. La rédaction du dossier
  3. L'accompagnement individuel et collectif
  4. Le passage en jury

Le projet et le choix de la VAE

Je suis directrice des services de Greffe et je travaille depuis 2012 au Tribunal de Grande Instance de Laval. Auparavant j’exerçais au sein des Conseils de Prud’homme à Laval et Alençon.
Après une licence en droit et 15 années d’exercice j'ai souhaité évoluer professionnellement vers d’autres fonctions, d’avantage juridiques, et pour cela j’avais besoin d’un master de droit ce qui m’a amenée à réfléchir aux moyens d'obtenir ce diplôme.

J’ai donc fait différentes recherches sur la reprise d’études et la validation des acquis de l’expérience (VAE). Je me suis dirigée vers l’Université de Rennes 1 parce que j’y ai passé ma licence de droit. Le diplôme qui correspondait à mon projet professionnel est le master en droit mention justice, procès et procédures. En regardant les attendus du diplôme je me suis aperçue qu'ils correspondaient aux missions que j’exerçais actuellement c’est pourquoi je me suis dirigée vers le processus de VAE et que j’ai pris contact auprès du SFCA pour connaître les modalités pratiques de cette procédure. J'ai assisté à une réunion d’information pour comprendre tout le fonctionnement de la VAE, voir si je rentrais dans les critères et si j’étais prête pour cette démarche. À la suite de cette réunion, qui m’a confortée, j’ai commencé la première étape de préparation du dossier de recevabilité qui consiste à voir si notre parcours professionnel s’inscrit bien dans notre choix de diplôme.
En parallèle j’ai également  pris contact avec mon service des ressources humaines pour solliciter une participation financière, ce qui a été accepté.

La rédaction du dossier

À l’issue de mon dossier de recevabilité, où il a été donné un avis favorable, je me suis lancée dans la deuxième partie qui consiste au dossier de validation. C'est un travail de rédaction important, c’est le gros de la démarche VAE qui m’a pris une année de travail environ.
C’est un travail de rédaction sur le temps personnel, le temps des vacances, le soir, les week-ends.
La VAE demande à ce niveau-là un investissement très important.

Il y a tout un travail technique de démonstration des connaissances et compétences acquises mais c’est aussi tout un travail sur soi. On se remet en question en se demandant « ce que je fais, ce que j’ai fait, ce que j’ai appris, ce que j’ai acquis : est-ce que ça correspond bien ce que l’on attend de moi dans ce diplôme ».
Ça m’a permis de revoir certains modes opératoires de ma pratique. Parce qu’après un certain nombre d’années on fait les choses sans se questionner ; là, on se repose les questions du départ : « pourquoi je fais ça ? comment je le fais ? dans quel but ? » Ca m’a permis de poser plein de question sur ma pratique professionnelle.

Personnellement ça m’a aussi montré que j’étais capable de faire plein de choses en même temps : ça se fait en plus de l’activité professionnelle, il faut être organisée, il faut être motivée. J’ai vu que j’étais capable de tout faire en parallèle. C'est donc une fierté personnelle.
 

L'accompagnement individuel et collectif

J’avais également le suivi d’une conseillère VAE.
Nous étions en contact téléphoniquement ou par système de visioconférence une fois par mois environ.
Ces échanges étaient très importants et essentiels dans tout le processus : d’une part parce que la conseillère donne les éléments méthodologiques au travail de rédaction (ce qui est attendu, la façon dont on doit présenter, rédiger…) et puis j'attendais impatiemment ces rendez-vous parce que le travail de VAE est aussi un travail sur soi, sur son parcours… On a parfois des moments importants de doute où on ne sait pas si on est dans la bonne démarche. On se repose plein de questions et l’échange avec la conseillère permet vraiment de se recentrer et de se remettre dans notre travail. C’était donc un moment important.

J’ai également assisté à deux journées de formation avec d’autres candidats VAE. On se retrouve en groupe de 10-15 personnes dans la même démarche mais sur des niveaux différents de diplôme et dans des domaines complètements variés.
C’étaient des journées très intéressantes car elle permettaient d’échanger avec les autres candidats sur leurs parcours, de se rendre compte qu’on avait les mêmes questionnements, les mêmes doutes, les mêmes difficultés par moment. Nous étions au milieu de notre parcours ; on commençait pour certains à fatiguer, à avoir l’impression de ne plus avancer... Se réunir et se rendre compte qu’on connaissait tous les même difficultés nous a tous remotivé, reboosté. On étaient contents de se retrouver quelques mois plus tard. Ça nous a permis de nous soutenir les uns les autres.

Ces journées de formation m’ont bien aidée dans mon travail, tout d’abord dans la rédaction de mon rapport et puis pour l’étape finale qui est le passage devant le jury.

Le passage en jury

Pour le passage devant le jury, le travail et l’échange avec la conseillère VAE a été essentiel puisque c’était un moment que je redoutais un petit peu, qui est impressionnant puisque là on est face à six membres du jury et il faut défendre tout le travail fait depuis une année et vraiment démontrer en quoi on a acquis toutes les compétences attendues.

Et puis passées les quelques premières minutes de présentation, tout s’est fait naturellement et ça a vraiment été un moment très intéressant : ils étaient très demandeurs de mon expérience et nous avons passé une demi-heure d’échanges sur mon activité professionnelle, sur ce que je faisais, sur ce que j’avais appris. Donc très vite le stress est parti et j’ai passé vraiment un moment très agréable. J'étais très fière de pouvoir présenter mon activité professionnelle et ce que je faisais depuis plusieurs années.
Et puis, à l’issue des délibérations, arrive le moment où on nous annonce le résultat, sachant que ma fille de douze ans attendait avec moi dans le couloir et était présente avec moi au moment où le président du jury m’a dit que je validais mon master avec mention.
Donc c’était une grande fierté personnelle mais aussi pour ma fille parce que pour la famille c’est aussi un investissement : pendant plus d’une année on n’a plus beaucoup de temps à leur consacrer alors ce diplôme c’est aussi une fierté familiale.

Cette personne témoigne au sujet de...